11 Mars 2010
Nous n'avions pas réservé cette table par hasard. C'était le lieu exact de notre rencontre. L'épicentre d'une histoire qui fêtait son premier anniversaire. Nous étions revenus. Elle ébène et moi albâtre. Face à face, mains nouées par des lianes invisibles au dessus de la nappe blanche. Comme au premier matin du premier jour, quand les corps se confondent, que l'un naît de l'autre dans un genre nouveau.
- Je voudrais que tu ailles aux toilettes et que tu me rapportes ton caleçon.
Personne ne m'avait jamais demandé cela. Je vibrais. Je ressentais mon émoi jusqu'au creux de mes reins. Le regard appuyé de Louna me fit lever doucement. Elle vit mon excitation. Je plongeai les mains dans mes poches dans un détachement crâne et traversai le restaurant sur un tapis de coton.
La porte refermée derrière moi, je me trouvai seul avec mon gage. J'ôtai alors en cachette mon caleçon, remontai mon pantalon sur mes fesses nues et rejoignai notre table. Le tissu ajusté sur-mesure marquait un peu plus mon derrière sur lequel je devinai les regards posés.
Nos mains rejointes sous la table échangèrent une poignée de lycra.
Louna se leva à son tour sans me dire un mot. Je la questionnai des yeux. Elle me répondit par un sourire mutin. Je la vis s'éloigner. Sa robe fluide dansait autour d'elle. Poing noir serré autour de sa victoire.
- Maintenant que je porte ton caleçon, va mettre ma culotte.
Par dessus la table, aux yeux du monde, elle referma ma main sur une légère boule de dentelle.
Je repris alors le chemin de ma soyeuse punition. Je glissai dans le tissu brillant et refermai sur mon sexe tendu sa cage de satin. Une goutte perla à travers l'étoffe. Je la déposai sur mon doigt, puis sur mes lèvres. Et j'embrassai ma maîtresse retrouvée, échangeant une promesse de plaisir.
J'aimais le tissu glissant sur mes rondeurs. Louna le savait. Ses mains se promenèrent un instant au limites de la jouissance, cherchant une couture, un motif, un ruban,...
Nous fîmes l'amour ce soir là. Otant au moment crucial nos lingeries échangées. Nous effeuillant nous même en déshabillant l'autre.
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