03 Novembre 2009
La chambre de Southsea donnait sur la mer. Les rideaux bouillonnaient sur une moquette sable. La coiffeuse trônait au bout d’un lit de chintz fleuri. Tout était anglais. La commode de pin m’appelait.
La première fois, aperçue dans l’entrebâillement de la porte, elle ne m’avait fait qu’un discret clin d’œil. Maintenant, Deborah au dehors, sa commode n’attendait plus que moi. Le premier tiroir résistât un peu pour la forme. Une lingerie multicolore jaillit tout à coup comme autant de papillons légers et veloutés. Soies, satins et dentelles s’envolaient sous mes doigts. Le sable du tapis fut bientôt recouvert de ces fleurs de tissus comme un printemps sensuel éclos rien que pour moi…
Le second tiroir ne se fit pas prier. Volontaire et hâbleur comme le noir des guêpières, des bas et des collants… Un tiroir de conquête. Un tiroir de Nelson.
Le troisième enfin s’offrit à moi tout entier y trouvant à ma taille les nuisettes légères et caché dans les plis des tissus les objets de plaisir que seule une femme peut s’offrir en secret.
J’essayai tour à tour le noir et la couleur, le suave et le sucré. Plongeant dans le satin, humant chaque dentelle. Je volai le parfum de son intimité.
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